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Alors que la saison théâtrale se termine, couronnée par la cérémonie des" Molières" où Florian Zeller a triomphé, la saison à l'Opéra de Paris bat son plein. Hier soir à Bastille, une salle archicomble s'est régalée avec la première d'une nouvelle création de la Traviata de Giuseppe Verdi, renouvellée par la mise en scène du cinéaste Benoît Jacquot. Le mélodrame, inspiré de la Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils, n'a pas pris une ride et cette création 2014 permet d'en savourer la modernité. L'argument de La Traviata raconte donc en trois actes les amours contrariés de Violetta (Diana Damrau),une demi-mondaine, qui tombe amoureuse d'un jeune homme de bonne famille, Alfredo (Francesco Demuro). Violetta change de vie,renonce à sa vie festive et débridée pour s'installer avec lui à la campagne. Mais le père d'Alfredo (Ludovic Tézier) fait appel à son sens du devoir et la convainc de quitter Alfredo, précipitant sa mort.

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Ce qui fait l'attrait de cet opéra ( créé en 1853) se sont les grands thèmes toujours d'actualité en 2014: l'amour, l'argent, les fêtes, l'amitié et le bon vin, les rapports père / fils, la maladie, la mort... Le tout sublimé par la musique de Verdi et les voix magnifiques des protagonistes chantant la langue italienne à merveille. La soprano allemande Diana Damrau a un timbre de voix exceptionnelle. Après avoir triomphé à Covent Garden à Londres, le duo a donc été acclamé à Paris par des salves d'applaudissements ininterrompus,durant plus de 15 minutes. Le baryton Ludovic Tézier qui interprête le père d'Alfredo Germont, est aussi absolument remarquable sans oublier l'orchestre et tous les chanteurs choristes de l'Opéra National de Paris.

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© Opéra de Paris- Diana Damrau

Quant au décor conçu par Sylvain Chauvelot, il  fleure bon la modernité du XIXe siècle avec une reproduction de l'Olympia de Manet, au-dessus du lit surdimensionné de Violetta, l'héroïne dont c'est "l'instrument de travail".

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De même, au deuxième acte, la campagne est  juste suggérée par un arbre énorme et la salle de fêtes par un escalier monumental où les choristes restent immobiles , figés comme des mannequins, plus de 40 minutes, une performance et un tableau très réussi ! Les costumes  imaginés par Christian Gasc semblent aussi sortir des toiles impressionnistes, c'est juste jamais chichiteux. Benoît Jacquot  a su évoquer le siècle du romantisme, sans lourdeur . Enfin pour détendre un peu l'atmosphère, au deuxième acte, les bohémiennes sont jouées par des hommes barbus travestis alors que les toreadors sont des femmes. Une pointe d'humour que j'ai apprécié mais qui semblait choquer certains spectateurs !!!

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©AFP Le cinéaste Benoît Jacquot pose le 22 mai 2014 à l'Opéra Bastille lors d'une répétition de la "La  Traviata", l'oeuvre la plus populaire de Verdi, qu'il met en scène.

Benoît Jacquot : Mise en scène
Sylvain Chauvelot : Décors
Christian Gasc : Costumes 

Le public, très people en ce soir de Première , semblait vraiment partager mon enthousiasme et si vous avez l'occasion de vous offrir ce beau spectacle, je vous le recommande chaudement, c'est juste SPLENDIDE ! En juin, c'est à guichets fermés mais il y a une reprise en septembre-octobre et l'on peut réserver à partir d'aujourd'hui, 3 juin. A vos clics!

La Traviata , Opéra Bastille, place de la Bastille (XII e ). Tél.: 0 892 89 90 90. Dates: du 2 au 20 juin. Places: de 5 à 195 €.

https://www.operadeparis.fr/saison-2014-2015/opera/la-traviata